Suis-moi vers les cimes, là, monte encore, déleste-
toi, désentrave-toi, secoue la pesanteur qui te colle au
sang. Monte encore. Défais-toi du feu sombre qui te
tire à son fond, qui te baise de ses pétales et que tu
nommes diversement entre lumière et obscurité, entre
commencement et fin. Je t’apprendrai à percer les
reflets et les ombres, à te tenir debout sur la coupole
éternelle du bleu. Et là te tournant vers la vaste mer du
beau, la contemplant, tu enfanteras des discours
sublimes, inspirés par un amour sans bornes de la
sagesse, tu atteindras la connaissance unique, connais-
sance de la beauté…
Voilà que tu traînes dans la pénombre des quartiers
peu sûrs. Ta parole est une eau sourde aux lueurs
incertaines, ton âme, nourrice obscure de cet assem-
blage instable de lassitudes et de fulgurations, de
parfums légers et d’essences putrides. Et ta main
tremble d’avoir touché le plein et le creux, ce duvet
d’aile dans une pierre ––
Lorand Gaspar, del poema Pierre en Egée, Judée, 1980
Mi traducción aquí
Fairy tale about a little girl, who wasn’t afraid of death. Her fragile bones looked as white coffins where birds used to sleep.

[Fuente: http://bluepueblo.tumblr.com]
«La plus légère attention doit nous faire connoître que, quand nous apercevons de la lumière, des couleurs, de la solidité, ces sensations et autres semblables sont plus que suffisantes pour nous donner toutes les idées qu’on a communément des corps. En est-il en effet quelqu’une qui ne soit pas renfermé dans ces premières perceptions? N’y trouve-o-n pas les idées d’étendue, de figure, de lieu, de mouvement, de repos, et toutes celles qui dépendent de ces dernières?».
- Condillac Essai sur l’origine des connaissances humaines
Ce qui restera caché
Cette chose est devant nous
Qu’est-ce qu’un visage
Le couvercle d’un secret
La vie peut mourir
Mais non pas se découdre
Toute forme dit NON
A la langue et aux yeux
Toute forme est la prison
Où l’apparence retient l’apparition
Parfois le mur a un sourire
Cela met du cœur dans la vue
On devine un instant que tout est là
Derrière la peau de pierre
On a une pensée pour l’invisible
Et comme un coin
On l’enforce dans le présent
Bernard Noël, Les yeux dans la couleur. Traducción aquí.
Nos corps cambrés sous le fouet du jour
la nuit trouve ses sentes de ruissellement.
Foyers que de plus denses consument
nos gestes fondus à ce rivage où roule
l’océan en chasse de son cœur dérobé –
nous sentons déjà sous la mort de la lumière
le tendre fumier du matin respirer (SA, 167)
Lorand Gaspar, Sol Absolu
(Source: embraceyourinnerhippiness)
Au fond de ses nuits solitaires, dans une lumière électrique embrumée de fumigations, un homme a vécu avec autant d’intensité sa part d’être ici que n’importe quel explorateur à la recherche d’un « passage » vers un monde encore inaccessible, inéclairé. Atome après atome se met à vibrer l’immense mémoire d’un corps qui n’a rien oublié de ses rencontres dans sa nuit. Et tout force se tend entre ces remuements minuscules dans l’informe et la lumière. Des couleurs, des sons, des goûts, des idées accompagnent, aèrent maintenant ces foyers obscurs du mouvement. Des voix se dégagent, des bribes de musique s’assemblent, les lignes bousculées par l’urgence du hasard composent les courbes successives d’une fugue, les échanges entre corps et choses (Gaspar, FO: 47-48).

Creo que la noción más completa de la forma debe contemplar la exterioridad de las cosas, la que la luz nos revela; cómo accedemos a ellas, cómo debemos acercarnos a ellas pero, simultáneamente, cómo éstas nos esperan. Lo contrario es ingenuidad, es ignorar las ecuaciones de lo vivo.
Trois ou quatre herbes brillent
dans un dé à coudre de lumière.
Ton corps sait l’exactitude des brins
L’exactitude au-dedans de chaque grain
de son qu’allume le mouvement –
tu ne peux glisser un seul cheveu
entre ce rien qui bouge et l’odeur
salée du large dans les murs blancs
et la voix qui perd son sang au téléphone
et la hâte et le supplice et le piétinement –
Lorand Gaspar, Feuilles d’observation, 1986
Alors qu’elle est physique, la lumière peut entrer en combinaison avec la matière pour la former, la modifier, la rendre vitale.
Qu’est-ce qu’une forme sans cette virulence en elle d’une lumière qui rompt son contour? (Gaspar, Feuilles d’Observation: 47).